Les micro-dramas, format ultra-cours à bas budget, s'imposent mondialement en répondant aux besoins de dopamine et à la baisse de l'attention
C'est pas la comédie française. Les acteurs sont des jeunes à la recherche d'un job étudiant ou des aspirants acteurs plutôt aspirants qu'acteurs. Et honnêtement, ça se voit. Les tournages sont faits en 3-7 jours avec des budgets de quelques milliers d'euros, quand une série de TV classique, c'est plusieurs millions d'euros par épisode. Comme les micro-dramas sont visionnés sur smartphone, on tourne avec une image verticale, on retourne la caméra. Et les acteurs sont priés d'intégrer dans ce jeu, ce format particulier. Quand ils montent quelque chose avec le doigt, il ne faut pas qu'ils tendent le bras trop loin. L'IA est massivement utilisée pour les scénarios, ce qui permet au producteur de cracher des épisodes à jet continu, avec justement beaucoup de retournement de fortune pour le milliardaire, pour le vampire. Et l'essentiel du budget est investi en promo sur TikTok pour ramener le chalon. En fait, c'est à la fiction classique ce que le fast food est à la restauration. Et ça, c'est vraiment en train de prendre fonds. Ah mais ça cartonne ! En Inde, c'est en train de transformer l'industrie du cinéma, de Bollywood, qui peine depuis quelques années, le Japon se y est mis, la Corée du Sud. Les micro-dramas font également un carton dans toute l'Amérique du Sud, et Hollywood n'est pas en reste, aux États-Unis. Disney, Fox Entertainment et Paramount explore le format, même les grandes marques, comme le maquillage Maybelline, vous savez, qui appartient à L'Oréal, où les sandals crocs réfléchissent au micro-drama pour la promotion de leur produit. Et l'Europe commence à s'y mettre. Partout sur la planète, ce format ultra-cours du micro-drama répond à une capacité d'attention d'étériens qui diminue et aux besoins de dopamine de nos cerveaux déformés par les raisons sociaux.