Les sautes de feu, projetées par le vent sur plusieurs kilomètres, compliquent la lutte contre les incendies et ont contribué à la mort de deux sapeurs-pompiers près de Bordeaux
Si la lutte contre les incendies est si difficile, c'est aussi à cause des sautes de feu. Ce sont des brindilles ou des morceaux d'écorces enflammés qui sont projetés par les vents sur plusieurs dizaines ou centaines de mètres, voire des kilomètres. En fonction de l'endroit où elles retombent, elles peuvent causer de nouveaux départs de feu. C'est, par exemple, ce qu'il s'est produit le 19 juillet dernier à Tarado dans le Var. Un incendie a sauté vers la commune voisine des arcs. Il a ravagé au total 200 hectares. Les sapeurs-pompiers subissent le phénomène et ils doivent adapter leur dispositif de lutte rapidement pour ne pas se retrouver piégés par les flammes. C'est notamment l'une des pistes envisagées dans les causes de la mort des deux sapeurs-pompiers survenus le 21 juillet près de Bordeaux. À notre arrivée sur les lieux, à 14h21, le feu se propageait en cime avec de nombreux sautes, de nombreux points sensibles composés d'usines, de zones résidentielles, et incluant également, comme en Geofford, l'aéroport qui était directement menacé. A compagnie de vent tournant, la situation était très défavorable. La forêt des Landes de Gascogne, en Gironde et dans les Landes, est particulièrement concernée par les sautes de feu. Elle est composée de pains maritimes et les particules de pommes de pain peuvent se diffuser rapidement. Pour lutter au mieux contre ces sautes de feu, les pompiers peuvent positionner des engins du côté opposé à l'incendie pour être en capacité d'intervenir plus rapidement.