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Pourquoi l'État échoue-t-il à réformer l'éducation et à résoudre la crise des enseignants

Crise des lycées : et si le problème dépassait l’école ?

Manque de moyens, conditions de travail des enseignants, écrans, rôle des parents… Les explications ne manquent pas pour comprendre les difficultés que traversent aujourd’hui les lycées.

Sur T18, dans l’émission de Matthieu Croissandeau, Nathalie Schuck, Mathieu Souquière, Alexandre Pointier et François Dubet élargissent le débat : au-delà de l’école, c’est le fonctionnement de l’administration et sa capacité à se réformer qui sont en question.

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L'analyse porte sur l'inefficacité perçue de l'État français, notamment dans l'éducation, et sur les raisons politiques de ce blocage. Le constat initial est que les lycéens subissent une inflation des diplômes (il faut de plus en plus de diplômes pour obtenir de moins en moins de choses) et un sentiment de mépris, ce qui alimente leur mal-être.

La cause structurelle identifiée est le refus du centre politique (représenté ici par la stratégie d'Emmanuel Macron) de réformer le fonctionnement de l'État. En 2017, la promesse d'un « spoil system » (remplacement des hauts fonctionnaires par des partisans politiques, comme aux États-Unis) a été abandonnée. À la place, des « super-technos » ont pris la tête des ministères. Résultat : un turnover élevé (6 ou 7 ministres de l'Éducation) et une incapacité à résoudre des problèmes simples comme le manque de professeurs remplaçants, car l'administration a pris le pouvoir sur la politique.

Pourquoi la gauche et le centre n'ont-ils jamais fait du fonctionnement de l'État un sujet central ? Deux raisons : d'une part, cela nécessite un dialogue difficile avec les corps électoraux (fonctionnaires, enseignants) pour imposer des réformes ; d'autre part, la réponse progressiste (« faire fonctionner l'État ») est politiquement moins spectaculaire que la réponse libérale (réduire l'État). C'est une mécanique de long terme, difficile à vendre électoralement, contrairement à la promesse de suppression d'impôts ou de postes.