L'art de la scène entre être et ne pas être
– C'était un exercice fantastique, un exercice de théâtre grandiose. – Je pense à Marcel Bluval qui posait une bande de scotch rouge par terre, donc vous la franchissiez et quelque chose devait se produire. Et si vous reculez derrière cette bande de scotch, il fallait quitter le personnage. Vous appreniez en fait à être et à ne pas être. Est-ce qu'aujourd'hui, encore avant d'entrer sur scène, vous repassez cette ligne rouge, chaque soir ? – Non, je l'ai oublié, mais enfin je l'ai pas oublié justement, mais je sais ce qu'elle représente, mais c'était un exercice fantastique, un exercice de théâtre grandiose. Ben oui, c'est être ou ne pas être, mais c'est surtout que des fois, ne pas être est plus fort que être. Ben vous voyez, c'est très intéressant philosophiquement. – Aujourd'hui, dans le sud-deux de France Inter, être ou ne pas être, on est être, on est complètement être, non ? – Ben oui, finalement là, je suis être comme vous, comme vous êtes. C'est-à-dire, c'est ce truc où, je ne sais pas comment l'expliquer, quand est-ce qu'on commence à faire du spectacle ? Quand est-ce que ça commence ? Et de ne se rapprocher du rien, mais ça c'est Béquet. C'est-à-dire que Béquet, quelque part, il travaille sur le vide, le rien, l'immobilité, comme les statues de Giacometti, qui sont là, toutes minces. Et voilà, et je pense que c'est un travail de réflexion, métaphysique, profondément poétique, d'être en être là.