Le paradoxe français entre l'importance du diplôme et la dévalorisation du métier d'enseignant
Est-ce qu'on vit vraiment un gros paradoxe dans la société française ? Si les jeunes se mobilisent sur la question de l'école, c'est parce que l'école, vraiment, en France, ça importe. Alors, qu'est-ce que je veux dire par là ? On sait que dans les pays de l'OCDE, la France est le pays où votre place sociale est la plus étroitement corrélée à votre niveau de diplôme, parmi tous les pays de l'OCDE, c'est-à-dire qu'on est très scolaro-centré et le diplôme a une importance très forte dans votre trajectoire sociale, c'est documenter, c'est étayer. Donc, ça compte. Et ça, tous les enfants de tout milieu le savent. Je tiens aussi d'ailleurs à insister que les enfants qui viennent de milieux populaires ou quand une trajectoire d'immigration dans leur famille, ce qu'on dit à l'intérieur des familles, c'est, il faut que tu travailles à l'école parce que moi, j'ai quitté mon pays, moi, je suis femme de ménage, moi, je suis ouvrier et je veux autre chose pour toi. Petite parenthèse, il faut imaginer la violence sociale aussi de ce discours au sein des familles, ne soit pas ce que je suis. Mais psychologiquement, c'est pas rien. Mais donc tout ça pour dire que l'école compte énormément. Et en même temps, de l'autre côté, le métier d'enseignant est absolument dévalorisé. Bon, presque de manière antisymmétrique, on sait qu'on est le pays aussi, parmi les pays de l'OCDE, un des pays qui paye le moins bien ses enseignants. Et si un manque structurel d'enseignants, par exemple cette année, on a eu des concours pour recruter des enseignants, il y a 2600 postes qui sont non pourvus parce qu'on n'a pas assez de candidats.