La menace permanente des drones en Ukraine et l'impact psychologique sur les civils
Moi je suis beaucoup allée à Kershon, maintenant Kershon est une ville qui est en Ukraine qui est sous une immense toile d'araignées de filets pour empêcher les drones en fait de tuer, de bombarder des voitures ou des civils. Et donc c'est une ville où vous êtes vous, journalistes, mais surtout les civils et les combattants, sous cette menace permanente des drones qui vous inquiètent bien plus qu'un tiers d'obus ou qu'un tiers d'artillerie. Mais parce que celui-ci, vous l'entendez, vous le voyez venir, vous entendez un éventuel sifflement, puis après ça s'arrête, il n'est pas tombé sur vous, vous êtes bien content. Le drone, ce sont des essins de drones, parfois il y a 10 000 drones envoyés en une semaine, notamment sur la ligne de front, près de la ligne de front, sur ce qu'on appelle la kill zone, la zone de la mort. Vous avez des milliers et des milliers de drones par jour, en fait, 10 000 par semaine, parfois. Donc vous voyez, pour la population, comme pour les journalistes qui couvrent, c'est une sorte de menace permanente, angoissante. Je me souviendrai toujours du nom de cette dame qui s'appelle Ala Kishkova. C'était une femme qui n'avait pas cédé dans la région, elle était à coup de puissance, qu'elle ne voulait absolument pas quitter sa maison. Et quand on la rencontrait, elle avait ses mains qui tremblaient et qu'elle ne réussissait plus à porter son sac. Pourquoi ? Parce qu'il y avait des drones au-dessus de nous et en fait, elle me disait, ça, je n'en peux plus du drone. De ce bourdonnement, de cette menace permanente, c'est comme, elle faisait une forme de, ça rend fou le drone. Et ses mains qui tremblaient sont restées pour moi le symbole de ce que c'est la menace du drone, que ce soit pour les journalistes ou les autres, comme une sorte de choses permanentes au-dessus de vos têtes.