La crise de la jeunesse et la nécessité de retrouver le sens, le cadre et la transmission du savoir face à la violence
Le gouvernement n'a pas attendu que les poubelles arrêtent de fumer pour proposer une plateforme de concertation, summum de la réponse technocratique, à des revendications multiples et plus ou moins pertinentes et maintenant la démocratie interne. Il existe une jeunesse qui semble s'accomplir désormais en détruisant, une autre qui l'encourage par idéologie, une troisième qui condamne et revendique en parallèle, une autre qui regarde de loin, parfois avec envie, une cinquième trop contente de rater les cours, une autre qui voudrait juste étudier, mais les adultes, dépourvues, réagissent à cause de la violence. Au pire moment, lorsque cette dernière est même encouragée par des incendiaires peu soucieux de ce que deviendront ces combattants d'un jour et leur génération ainsi précipitées dans une ambition révolutionnaire qui ne les aidera pas à savoir lire. On ne cherche plus la vérité mais on défend la sienne, on ne reçoit rien mais on décide de tout, la vie, la mort, puis son nom et jusqu'à son sexe, on n'est plus qu'un individu noyé de revendication délié des autres par la mort de sa propre nature et du bien commun. La génération lycéenne en est le fruit, à la fois réceptacle et révoltée, elle cherche à retrouver confusément ce qui lui a été effectivement volé avec contradictions parfois et sans égalité aucune. Il y a bien des jeunesses dans cette génération, certains constatent un manque de sens mais c'est puise à l'oublier dans des produits de substitution ou dans une assimilation inconsistante à la mode du moment, c'est aussi la frange qui bat les records terrifiants de scarification, de consommation de stupes, de dépression, elle ne détruit pas grand-chose d'autres qu'elles-mêmes dans l'indifférence quasi générale. Une autre frange de cette jeunesse est plus réactive, souvent issue de l'immigration, pour elle l'alternative, et la conquête d'un monde méprisé par des codes culturels aux religieux retrouvés, parfois fantasmés quitte à détruire le reste, réalité aggravée par le nombre et combattue par le vide. L'injonction a s'émanciper de la norme en accrayer d'autres qui conquent n'est pas avec eux et contre eux, tout ce quoi être sacrifié par l'oppression d'une dictature dont ils imitent pourtant les pulsions totalitaires. La généralisation permet de comprendre, mais la réalité est Dieu merci plus complexe en effet. Mais tous ceux que vous évoquez sont inquiets eux aussi, mais ils ont des parents, un prof, une autorité, un livre, une rencontre qui a été un modèle, un tuteur, un lien salvateur, bien souvent une limite non négociable, un cadre, une exigence, la gratitude et leur originalité, l'effort, leur mérite, et la transmission du savoir, du sens et des principes, leur chance inouïe. La vérité, ces climates majorités de ces gens-là, a eu la chance de ces jeunes-là, a eu la chance de recevoir tout ce qui a été rejeté ailleurs. Peut-être faudrait-il retrouver le secret de cette frange qui intéresse si peu et qui refuse pourtant d'avoir recours à la violence à la moindre frustration.