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Un père en fauteuil roulant partage sa colère face à l'infantilisation et la surprotection qu'il subit devant ses enfants, défendant son droit à être traité comme un être humain capable.

Ça, tu ne fais pas. Moi, je suis un être humain, tu t'adresses à moi. Quand je suis avec mes enfants, c'est mon problème moi. J'assume les conséquences de mes frustrations. On dévalorise un père devant ses enfants pour le seul motif qui est en fauteuil roulant. C'est pour moi, impardonnable. Moi, mes enfants, l'image qu'ils ont de leur papa, c'est un papa qui est capable. C'est un papa aimant. C'est un papa qui les emmène faire du sport, leurs activités. C'est un papa qui voyage avec eux. Mais c'est aussi un papa qui est entravé. C'est un papa qui ne peut pas faire tout avec leurs ses enfants. Donc tout ça, ils y ont accès, mais c'est mon travail de père de leur expliquer. Par contre, quand quelqu'un, par son attitude, son comportement, m'impose ça face à mes enfants, bah là, non, ça, tu n'as pas le droit. Ça t'est déjà arrivé ? Quand je sors d'un avion et que quelqu'un, moi, me met la ceinture sur le siège dans le petit bus, tous les autres passagers, enfants compris, n'ont pas de ceinture et que je fais remarquer que c'est complètement con parce qu'il accroche mon fauteuil, mais pas moi. Et que s'il y a un coup de frein, je pars en avant. Donc dans ces cas-là, il faut attacher complètement ou pas du tout. Mais par contre, il faut attacher tout le monde dans le bus. Alors, le petit ne comprend pas, il a trois ans, mais grand à dix ans. Donc voit son père très en colère, où je fais une leçon. Il y a une personne qui, en fait, se rend pas compte qu'en attachant la personne handicapée à ce moment-là, la seule chose qu'on envoie, c'est que cette personne, elle est différente. Cette personne, on la surprotège. C'est extrêmement infantilisant. Moi, tu ne m'attaches pas si t'attaches pas tous les gens du bus. Que je prenne un chemin différent, parce qu'un avion, je ne peux pas rentrer quand il y a des escaliers, qu'il faut m'amener avec un petit téléphone. J'accepte tout ça. Par contre, tu ne me parles pas comme ça. Tu ne me traites pas différemment. Le flic qui me dit, est-ce qu'il peut, c'est le monsieur, s'en parler à moi, ça, tu ne fais pas. Moi, je suis un être humain, tu t'adresses à moi. Quand je suis avec mes enfants, c'est mon problème à moi. J'assume les conséquences de mes frustrations. Quand je suis en vacances l'été avec mes enfants et qui coursent sur la plage avec ma femme, avec mes potes, et que moi, je suis dans le sable un peu qui est bleu. Ben, ça me fait chier. C'est dur, ça. Ces moments-là, ce sont durs. C'est des frustrations. J'aurais qu'une envie, c'est de le faire. Mon gamin, c'est super bien en foot. Il a dix piges. Tous les papas, tous les mamans, quand il y a des matchs de week-end, ils arrivent, ils jouent au foot avec leurs enfants. Je voudrais pouvoir le faire écluer. Et en parallèle de ça, je fais des trucs que pas un père sur un million fait avec leurs enfants. Il n'y a que moi qui assume ou pas les conséquences de fait d'être un papa handicapé et de ce qui se passe pour eux.