Pourquoi la promesse de supprimer Parcoursup est une démagogie dangereuse pour l'avenir des jeunes
Une amie professeure au lycée me racontait son désarroi, elle demandait à ses élèves pourquoi il manifestait. La réponse fut quasiment unanime. Parcoursu, madame ! Mélenchon a promis de le supprimer. Et oui, effectivement, les insomis promettent de supprimer Parcoursu, avec leur slogan « Parcoursup tri », nous l'abolirons, ainsi que de créer 150 000 places supplémentaires dans l'enseignement supérieur afin, je cite, de garantir à chacun l'accès à la formation de son choix. Une promesse aussi séduisante qu'impraticable, mais qui rencontre un certain succès auprès d'une jeunesse, à laquelle on apprend depuis des années à considérer toute sélection comme une violence, toute frustration comme une injustice. Le problème n'est pas seulement d'entrer à l'université, encore faut-il y réussir, moins de 4 étudiants sur 10 obtiennent leur licence en 3 ans. Il y a pire que la sélection par Parcoursup, c'est la sélection par l'échec. Que fera-t-on ensuite des étudiants auxquels on aura garantie une place mais qui n'ont pas le niveau pour aller jusqu'au bout ? Ou de ceux que l'on aura encouragé à poursuivre dans des filières qui offrent très peu de débouchés économiques ? La sélection chassée par la porte reviendra par la fenêtre. Bien sûr, derrière cette affaire, une question beaucoup plus profonde, celle de la massification scolaire. Dans toutes les sociétés, il y a davantage d'aspirants aux positions prestigieuses que de positions disponibles. Lorsqu'on augmente massivement le nombre de diplômés, sans augmenter dans les mêmes proportions les emplois correspondants à ces aspirations, ont produit un précaria diplômé, persuadé d'avoir fait tout ce qu'on lui demandait, mais convaincu que la société lui refuse la place qu'il mérite. Cette frustration est un puissant carburant politique que Mélenchon a-t-il hâtise. Il promet aux jeunes un monde sans sélection, sans hiérarchie, sans effort, il leur ment si amant, et j'ai envie de leur dire ce matin aux jeunes, ne le croyez pas, n'écoutez pas ce terrible démagogue qui flatte vos désirs mais se rit de votre avenir.