Mediapart authentifie les écrits antisémites de Bardella via l'archive Facebook et les traces numériques
Mediapart a pu authentifier les écrits antisémites de Bardella grâce à Facebook et ça en dit long sur la trace numérique qu'on laisse derrière nous. Lundi 28 septembre, Mediapart a publié une enquête révélant des propos antisémites tenu par Jordan Bardella entre 2013 et 2014. Le média d'investigation s'appuie sur des captures d'écran d'une conversation Messenger, l'app de discussion de Facebook. Le principal intérêt c'est ni édénonce des faux grossiers, mais vous connaissez Mediapart quand il tire ses souvent pas à blanc, non il tire à balle réelle. Pour authentifier que les messages n'étaient pas des montages, le journal a d'abord demandé à l'une de ses sources de télécharger auprès de Meta, l'archive de ses conversations de 2013. Meta, c'est la maison mère d'Instagram et de Facebook. Et là, vous vous demandez sûrement. Mais attends, Facebook garde vraiment toutes nos conversations ? Eh ouais, le réseau social peut effectivement garder pendant des années des conversations non supprimées. Et en fait, ça fait même depuis 2010 que vous pouvez demander une copie de vos messages, une publication Facebook. A noter qu'en 2013, l'époque où les messages antisémites ont été écrits, Meta pouvait littéralement voir toutes vos conversations privées. Ce n'est qu'à partir de 2023 que Messenger est devenu entièrement chiffré de bout en bout et que vos discussions ne sont plus visibles par Meta. Mediapart a donc reçu une archive de données sur laquelle toutes les infos de la conversation ont été extraites. Ces informations confirment la date des échanges que les messages antisémites n'ont pas été modifiés et qu'ils ont été tenus par un compte nommé Jordan Bardela. Sauf qu'un compte nommé Jordan Bardela, ça veut pas forcément dire que c'est Jordan Bardela derrière. Ça pourrait être un homonyme. Mais pour rattacher ce compte, à Jordan Bardela, Mediapart s'est appuyé sur des éléments biographiques du député européen. Dans les données de la conversation, l'auteur parle beaucoup de sa vie privée. Sa mère italienne, son passage en une du parisien en 2013 ou encore son échec au concours de Sciences Po, tous ces éléments correspondent à ce qu'on peut retrouver de la vie du vrai Bardela. Soit sur le net, dans ses interviews ou dans son livre. C'est donc ce qui a permis à Mediapart d'associer l'identité numérique du compte à Jordan Bardela. Toute cette histoire, ça permet quand même de nous rendre compte d'une chose sur Internet. On laisse des traces et l'anonymat n'est jamais total. L'ensemble des données qu'on laisse en public et même dans nos messages privés permet de nous retracer. Et ce n'est pas parce qu'on dit des choses subsédonymes qu'elles ne sont pas condamnables. Dis-nous ce que tu en penses et abonne-toi.