Claudie André explique comment on vit dans une station spatiale, de la microgravité à l'odeur de la Terre
Les odeurs, celles dont je me souviens, c'est celles de l'ouverture de l'écoutille à l'actérissage dans les steppes du casse-extant. L'odeur de la Terre. Elle, c'est Claudie Aignuré, la première femme européenne à être allée dans l'espace et elle nous explique comment on vit dans une station spatiale. Est-ce qu'on flotte dans l'espace ? Vrai, mais on flotte pas comme dans l'eau. On est avec la vitesse de s'utilisation en chute libre autour de la Terre. Et quand on est en chute libre, on ne ressent pas les effets de la gravité. Donc on ne va pas marcher avec ses pieds sur Terre, flotter, c'est plus de pas le bon terre. On se repose sur une paroi et on avance à l'intérieur de la station. Un peu comme si on flottait, oui. Dans l'espace, est-ce qu'on voit les étoiles en permanence ? C'est vrai. Une station spatiale, elle est à 400 km en orbite, donc elle n'est pas tellement plus proche des étoiles quand on a les pieds sur Terre. On est au-delà de l'atmosphère, donc on voit très bien ses étoiles sans le scintillement. Est-ce qu'on mange la même chose que sur Terre ? Pas tout à fait comme sur Terre. On peut pas emmener tout son appareillage de cuisine et toutes ses provisions du marché. On a plutôt une nourriture lyophilisée qu'on va reconstituer avec de l'eau, une nourriture conditionnée, préparée de façon à ce que les petits... C'est inconvénient de la microgravité, nous ne serons pas trop gênants les miettes qui vont aller flotter un peu partout, les bulles de sauce qui iraient s'éclater contre un mur de la station spatiale. Ça sent bon dans une station spatiale ? Une station spatiale, c'est un endroit où il y a une atmosphère recyclée et purée en permanence. J'ai pas souvenir de mauvaises odeurs, j'ai souvenir d'odeurs que j'associe peut-être à la technologie ambiante. Celle dont je me souviens, c'est celle de l'ouverture de l'écoutis à l'atterrissage dans les steppes du Kazakhstan. L'odeur de la Terre. Est-ce que le corps change dans l'espace ? Oui, c'est vrai. On va au début du vol perdre des références qu'on appelle cognitives et puis en flottant, on va perdre du muscle parce qu'on sera moins stimulés. Donc il faut faire de l'exercice physique à bord pour redevenir nétériens, puisqu'on n'est pas là pour partir, pour fuir et ne jamais revenir. Le retour sur Terre est-il plus difficile que le départ ? Vrai, on est un petit peu impuissant à contrôler la situation pendant quelques moments du vol, rentrer dans l'atmosphère, l'impact de l'atterrissage, bien évidemment. On sent quand même des moments auxquels on n'est pas complètement préparé, mais qui font partie de l'aventure. Et moi, j'ai adoré ces sensations. Et après, il faut quelques temps pour se réadapter à tout ce qui fait le terrien dans le champ de gravité. Sous-titres réalisés par la communauté d'Amara.org